16.5.19

Surdoué en échec scolaire : comprendre un paradoxe

J'ai le plaisir de prêter mon clavier à un invité. Jonathan est HP, il a 25 ans, diagnostiqué sur le tard. Une scolarité compliquée et un important travail de développement personnel l'ont amené à créer HProductif, un blog et un service de conseil pour les zèbres qui ont également vécu un parcours scolaires difficile et se demandent ce qu'ils vont bien pouvoir faire dans la vie ! 

C'est parce que je n'ai moi-même pas connu ce type de problèmes (j'ai vécu une scolarité très facile... mais ça ne m'empêche pas à 30 ans de ne pas savoir ce que je veux faire de ma vie), mais que je suis consciente qu'ils touchent beaucoup de surdoués que je lui prête mon blog pour qu'il nous parle de l'échec scolaire chez les personnes à haut potentiel.

La parole à Jonathan :

Échec scolaire chez le surdoué, et après ?


Après la lecture de l’article de Florence concernant le livre d’Olivier Roland “Tout le monde n’a pas eu la chance de réussir ses études” une foule de souvenirs sont remontés en moi. Mon parcours scolaire et académique s’est avéré désastreux, sans jamais avoir pu comprendre pourquoi. Et deux ans après m’être découvert zèbre un certains nombre d’éléments de réponse ont surgi. Aujourd’hui je voulais les partager avec vous. Car je sais que d’autres sont dans le même cas que moi et recevoir des réponses à ces questions s’est avéré un grand soulagement pour moi, aussi j’espère vous aider à comprendre ce qui a pu se passer. J’insiste sur le fait que tout observer via le prisme du haut potentiel est une erreur, beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu et peuvent venir de n’importe où : environnement social et familial, éducation, ... 
J’ajouterai également un mot d’espoir, car je pense que les études ne sont pas une fin en soi, on peut parfaitement réussir sa vie aussi bien qu’un diplômé !

Si je devais résumer ma vie avec vous aujourd’hui je dirais surtout que c’est un immense parcours d’obstacles. Quel chaos ! Des années à me traîner d’une classe à l’autre, à écouter des professeurs insipides, à me rebeller contre les abus d’autorité… Ça m’a coûté deux ans d’études secondaires, et trois ans à l’université. Tout ça pour finir sans diplôme, sans but ni objectif, et des rêves désavoués plein les poches. Pourtant dès petit on me promettait à un grand avenir, j’étais brillant, le petit génie qui allait faire une grande carrière et changer le monde. Je m’étais fait à l’idée que je deviendrais ingénieur ou conférencier. Mais je fus brutalement arrêté par la réalité, je n’étais même pas capable d’aller à l’école : absentéisme, refus de travailler, phobie scolaire...

Pendant ma dernière année à l’université, j’ai fini par consulter une psychothérapeute car je ne parvenais pas à comprendre l’origine mes échecs. Avec elle nous avons mis en lumière plusieurs sources potentielles, en particulier un auto sabotage, je me bloquais moi même. Inconsciemment je m’empêchais de réussir. Nous avons aussi évoqué la piste du haut potentiel, ce qui semblait paradoxal au vu de mes résultats… C’était là le premier pas vers une révélation. Au fil des conférences, lectures, réflexions et discussions, tout s’expliquait petit à petit ! Du moins c’est ce que je croyais, car comme je le dis plus haut, être zèbre n’excuse pas tout.

J’ai donc décortiqué tout ça et j’en ai sorti 3 facteurs potentiels d’échec scolaire. Encore une fois tout n’est pas relatif à la douance, mais certains concepts peuvent être exacerbés par l’esprit d’un jeune zèbre. J’ai donc nommé :
  1. La pression de la performance
  2. L’effet golem
  3. Les facilités précoces



La pression de la performance


Comme je le disais, on a dessiné mon avenir à l’avance. Sans le vouloir, on m’a conditionné à penser que mon seul chemin était les études supérieures et une grande carrière prestigieuse. Oui sans le vouloir car mes parents et mes professeurs ont fait de leur mieux et je leur en suis très reconnaissant. Mes parents m’ont toujours dit que peu importe mes choix ils m’aimeraient toujours. C’est formidable d’avoir un soutien pareil, mais si je pouvais y rajouter mon grain de sel, je mentionnerais toutes les options possibles autres que les parcours prestigieux. Parce qu’il y en a énormément.

Là où ça pose un vrai problème c’est que ça crée un blocage très dur à défaire. J’ai toujours eu l’impression de devoir réussir, de n’avoir qu’un seul chemin à suivre. Seulement quand ça a commencé à bloquer en cours, sans que je ne comprenne pourquoi, le fait de rater faisait naître un sentiment de culpabilité très pesant. Je me sentais coupable non seulement de ne pas satisfaire aux espoirs placés en moi, mais en plus je ne répondais pas à mes standards de réussite. A ce moment là vous êtes doublement tétanisé. Si vous continuez à travailler mais à rater, vous êtes encore plus mal dans votre peau, et si vous essayez sans travailler vous ratez quand même.

Là où c’est encore plus difficile de gérer ça, c’est que cette pression vient vraiment de partout et l’accumulation de celle ci vous écrase, sans vous laisser respirer.

La pression envers nous-même


Tout d’abord elle vient de nous même. Déjà de par le conditionnement à la performance dont je viens de parler, mais aussi car comme on voudrait réussir, on a extrêmement peur de tout rater et de se retrouver à la rue sans travail, sans revenu, sans aucune perspective d’avenir. Cela semble irrationnel et exagéré non ? Pourtant il est fréquent de penser que les études mènent à tout et que l’inverse ne mène à rien, ou du moins à un chemin professionnel flou, difficile, à chercher des boulots pénibles et mal payés. Dès lors que l’on est pris par la paresse, que l’on travaille en dernière minute, que l’on rate des travaux ou des examens, ce scénario catastrophe s’installe et la peur nous prend, inconsciemment ou non. C’est ça qui est terrible finalement c’est que parfois on ne s’en rend même pas compte, on a peur, la boule au ventre mais on ne comprend pas pourquoi. Et on se bloque. C’est d’autant plus difficile d’expliquer ces sentiments à son entourage, surtout quand on craint que personne ne nous comprenne.



La pression de l'entourage

Je mentionnais également la pression extérieure. En particulier les attentes de nos parents qui nous exhortent à travailler dur, à nous épanouir. Seulement, comment leur avouer qu’au lieu de bosser dur, ce dont vous n’avez jamais vraiment envie, vous passez votre temps à jouer, à sortir, à faire le plus de choses possibles (ou rien du tout) tant que ça n’est pas étudier ? Comment leur expliquer pourquoi vous ne parvenez pas à emprunter ce fameux chemin tout tracé et prestigieux ?

Pression de l'école

Tant qu’on reste dans la pression extérieure, j’aimerais aussi parler de celle exercée par le corps enseignant. Très souvent lorsqu’un professeur voit un élève obtenir de mauvais résultats, lorsqu’il voit des devoirs rendus en retard, la sanction ne tarde pas : l’étudiant est taxé de fainéant, ou “en difficulté”. Le problème c’est que le jeune adolescent HP ne comprend pas ce qui lui arrive. La seule vérité qu’on lui sert c’est qu’il serait paresseux. Alors il arrive qu’il l’accepte. “J’ai la flemme, c’est vrai.” Or, la vérité est ailleurs, et bien plus complexe…


Que dire en plus du regard des autres en général ? On n’a pas envie de passer pour le loser de service qui rate sa vie. Ça serait bien trop la honte…

L’effet golem

De toute façon ils le font tous

Je vais vous donner un exemple : Vous aviez une dissertation à réaliser. Mais aucune envie de la faire, et le temps avançant vous arrivez à la date butoir. Donc il faut bien la faire cette dissertation ! Vous finissez par écrire quelque chose de moyen, rapidement en deux ou trois heures. Et lorsque vous recevez le résultat, qui est finalement assez banal, vous êtes déçu ! Paradoxal non ?

Voilà l’idée, une partie de la classe fait quelque chose de moyen, quelques rares élus font beaucoup mieux et une autre minorité fait beaucoup moins bien. Donc pour entrer dans la norme, on fait quelque chose de moyen. Et ça se traduit dans les résultats scolaires. On n’ose pas prendre la parole car sinon on ne s’arrêterait jamais. Vous n’avez jamais senti cette sensation d’avoir déjà tout compris alors que le reste de la classe réfléchissait longtemps ? Mais on n’ose pas se mettre en avant, car ce serait mal vu, certains pourraient même être jaloux, ce serait générer des tensions, des sentiments négatifs, hors de question de s’élever au détriment des autres !

Le problème c’est que ça entre en conflit avec la pression de la performance. D’un côté on veut être dans la norme, mais de l’autre on attend de soi d’être excellent, de très bien réussir. Mais encore d’un autre côté, on nous dit qu’on est fainéant donc ça doit être normal ! Comment voulez-vous qu’une personne dans la fleur de l’âge s’en sorte avec ça ?





Là aussi ça bloque énormément, c’est très difficile pour un jeune adolescent ou une jeune adolescente de se rendre compte d’un tel blocage, il faut une capacité de recul énorme ! On ne fait pas face à un seul problème, mais à une multitude en même temps, qui entrent en conflit. Voilà qui, au moins en partie, explique un auto-sabotage très violent et incompréhensible.

Des facilités précoces

Pensez-y : vous êtes jeune, tout est facile, vous savez lire avant les autres, compter mieux et plus vite, parfois vous faites même les devoirs des autres ! Sans réfléchir, sans vraiment d’efforts… Puis brusquement il faudrait commencer à travailler, ça devient plus difficile mais pas trop, alors on continue à faire ce qui marche, on ne change pas une équipe qui gagne après tout. Au fil des années les efforts, la méthode, la discipline sont de plus en plus nécessaires. Sauf que ce sont des notions très vagues, voire inconnues, comment voulez-vous appliquer tout ça quand on ne fait que vous marteler “Il faut travailler plus” ou “Votre enfant semble intelligent, mais il doit être plus régulier dans son travail”. C’est bien gentil mais ça ne nous explique pas comment faire ! Pire, pourquoi ? Pourquoi ferait-on tous ces efforts si ce qu’on faisait auparavant fonctionnait jusque là ?

Que faire maintenant ?

Tout d’abord prendre conscience des sources de problèmes citées précédemment est un énorme pas en avant, si c’est le cas bravo !


Mais comment s’en débarrasser ? Pour moi il a fallu une suite de déclics :
  • Personne n’est là à observer mes échecs à la loupe à chaque instant.
  • Personne sinon moi ne me met autant de pression sur les épaules.
  • Et surtout surtout : j’ai le temps de parvenir à mes fins, de construire ma vie comme je l’entends !

Avoir raté ses études n’est pas une fin en soi. Il existe une multitude de possibilités, même si vous n’avez aucun diplôme.







Personnellement j’ai choisi la voie de l’indépendance. Créer son métier de toute pièces, à partir de compétences apprises en autodidacte est un challenge très excitant. Certes ce n’est pas la voie la plus conventionnelle, ni même la plus facile. Parfois il faut passer par des formations en ligne, qu’il faut suivre assidûment sans personne pour contrôler quoi que ce soit. Parfois il faut trouver un “job alimentaire” pendant quelques mois pour survivre - il faut gagner sa vie quand même ! - mais je trouve que le jeu en vaut la chandelle.

De plus, la perspective de pouvoir diriger ma vie professionnelle vers la direction que je choisis, quand je le veux, est une liberté extraordinaire.

Pourriez-vous reprendre des études aujourd’hui ?

Tous les zèbres sont humains, et parmi nous certains sont mieux prédisposés à s’adapter au système éducatif que d’autres. Mais imaginons un instant que vous vouliez vous lancer dans des études tardives, en cours du soir par exemple. Pourriez-vous réussir malgré votre parcours passé ?

Je dirais que oui, mais il faut être prêt. Prêt à faire des sacrifices, prêt à se remettre en question, à affronter d’énormes difficultés que d’autres traversent sans sourciller. Cela semble injuste, mais c’est loin d’être insurmontable. Cal Newport, docteur en informatique issu du M.I.T, a écrit un livre sur le sujet: “How to become a straight-A student” que je vous recommande si vous voulez une méthode intelligente et non conventionnelle de travailler et réussir à l’université. Rien de miraculeux, basée sur les résultats d’un certain nombre d’étudiants brillants issus des meilleures universités, elle demande du travail et des efforts, mais répond au besoin d’excellence et de réussite en gardant la possibilité d’avoir beaucoup de temps pour soi.

Un petit mot sur la motivation

Savoir comment se débarrasser de ces blocages psychologiques, connaître les meilleures stratégies de productivité et de travail ne suffisent pas si la motivation n’y est pas. Le problème ici c’est que la question de la motivation est aussi large que le reste. Elle est même complètement indépendante du haut potentiel intellectuel. Elle se manifeste différemment chez tout un chacun et nécessite certains leviers parfois propres à chaque individu. Je trouve que c’est un sujet passionnant et j’aimerai écrire à ce propos un jour.

Le mot de la fin

Soyez positifs : vous avez le temps. Vous avez le pouvoir de mener votre barque où bon vous semble. Les problèmes qui se dresseront sur votre chemins ne sont que des obstacles que vous pouvez franchir.



Merci à Jonathan pour cet article, vous pouvez le retrouver sur son site HProductif - Surdoué sans diplôme.
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1.3.19

L'auto-hypnose, Messmer, tout ça tout ça.

L'article d'aujourd'hui ne concerne pas uniquement les zèbres, mais je trouve le sujet intéressant. Après un petit sondage sur la page Facebook du blog, il semble que le sujet vous intéresse aussi (comme quelqu'un l'a souligné, "tout intéresse potentiellement les zèbres"). Le sujet dont je parle, c'est l'hypnose.

Pour moi, l'hypnose, c'était un canular. L'hypnose, c'était Messmer, et ce type bizarre qui fait des démonstrations dans un parc dans ma ville. Les personnes sous l'emprise de l'hypnose me semblaient toujours jouer un rôle, pour moi c'était du chiqué, je voyais plein d'incohérences dans ce qui se passait. Surtout quand je regardais des émissions sur l'hypnose, de Messmer ou d'autres. (Depuis je n'ai plus la télé, merci.)



L'hypnose chez le psychologue

Puis il y a quelques mois, j'ai commencé à aller voir une psychologue, pas la même que la dernière fois, ni que la fois d'avant, pour essayer de gérer mes problèmes au boulot (depuis j'ai démissionné, merci.), et lors de la première séance, elle m'annonce qu'elle utilise l'hypnose (ou hypnothérapie). Ah. J'ai failli partir en courant évidemment, sauf qu'à la fin de la séance, je me suis dit que j'aimais bien le déroulement des choses jusque-là.

Les séances se succédant, la psychologue n'avait toujours pas sorti de pendule, ni fait des trucs bizarres comme m'appuyer sur l'épaule pour me faire perdre conscience (les gens qui ont regardé Messmer voient très bien l'image...). Petit à petit, j'ai commencé à comprendre que ce qu'elle faisait, c'est ce qu'on appelle l'hypnose en thérapie.

Et ce qu'elle faisait, c'était me mettre dans un état de relaxation profonde, et me parler à travers des histoires métaphoriques.

Deux techniques d'hypnose

La manière traditionnelle, qui remonte à plus loin, est basée sur la suggestion. L'hypnotiseur donne des injonctions verbales, visuelles et corporelles (comme ce fameux appui sur l'épaule qu'on voit beaucoup dans les shows). C'est donc bien la technique utilisée en spectacle, pour ""contrôler"" l'agissement des personnes hypnotisées.

L'autre méthode, qui est beaucoup plus utilisée en thérapie, se base sur la participation consciente du patient, qui est installé dans une relaxation profonde. Le patient parle consciemment, il est présent même s'il est un peu en retrait dans son monde intérieur. Le thérapeute utilise des métaphores, des histoires, pour guider l'inconscient du patient. Cela se base sur le principe que nous avons les réponses en nous, que nous pouvons trouver les solutions de nous-même aux problèmes auxquels nous faisons face. C'est donc cette technique que ma psychologue utilise, c'est pourquoi j'ai mis du temps à comprendre que c'était cela, l'hypnothérapie.

Les deux techniques peuvent être complémentaires, et un thérapeute peut pratiquer la première s'il se sent à l'aise avec elle. Moi, personnellement, ça me refroidirait et ça me mettrait mal à l'aise, mais chacun son truc 😄.


Du coup c'est quoi l'hypnose concrètement ?

L'hypnose est un état modifié de conscience, comme le sont le sommeil paradoxal, la relaxation profonde, le fait d'avoir des "blancs" / être sur pilote automatique pendant quelques minutes, la sophrologie, la méditation pleine conscience, le yoga nidra, les rêves lucides, les transes, mais aussi le fait d'être sous l'emprise de certaines substances médicamenteuses, de drogues... C'est-à-dire que pendant que nous sommes dans un de ces états, notre cerveau fonctionne différemment par rapport à l'était de conscience "normal".

Pendant cet état de conscience modifié qu'est l'hypnose, la particularité est qu'on "ouvre l'accès" à l’inconscient. Nous restons libres, mais dans un état de grande réceptivité (plus ou moins profonde selon la technique employée, la personne qui nous hypnotise, les conditions, notre réceptivité, notre lâcher-prise, l'envie de permettre l'accès à l'inconscient, la confiance envers la ou les personnes autour de nous...).

L'état d'hypnose est fluctuant. Un peu comme le sommeil connaît plusieurs phases, l'hypnose pratiquée sur une période plus ou moins longue connaît des pics de profondeur plus ou moins profonde.



Et Messmer alors ?

L'hypnose de spectacle donne mauvaise presse à ce mot et entraîne pas mal de confusion et de clichés sur la pratique. Pourquoi les personnes hypnotisées en spectacle ont toujours l'air grotesque, pourquoi ça semble si chiqué, s'agit-il d'acteurs ?

Sous hypnose (nous parlons ici de la première technique énoncée plus haut, la "traditionnelle"), nous restons la même personne, mais avec moins de filtres (puisque le conscient est relégué au second plan). Il n'est pas possible sous hypnose de nous faire faire ou dire des choses que nous ne voulons pas. Mais il est important de comprendre que notre personnalité influe donc grandement (totalement en fait...) notre comportement sous hypnose.

Quand on voit Messmer agir sur des stars, des personnes qui ont l'habitude d'être sur scène, encore mieux, des acteurs qui ont l'habitude de rentrer dans la peau de différents personnages, on comprend donc mieux que ces personnes se comportent de manière particulièrement exubérante, voire farfelue, et pourquoi cela semble complètement "joué". C'est pourquoi les personnes invitées sur le plateau sont rarement des gens timides, introvertis, dans la retenue.

Quand un spectacle ou une émission est réalisée, les personnes qui montent sur scène ou sur le plateau, star ou pas, sont sélectionnées à l'avance. Elles sont testées, et seules les personnes réceptives seront retenues. En effet, une petite portion de la population n'est absolument pas réceptive, et une petite portion est extrêmement réceptive. Entre les deux, il y a tout un éventail de degrés de réceptivité (c'est pourquoi l'hypnothérapie, quelle que soit sa forme, ne conviendra pas à tout le monde, et ne sera pas aussi puissante d'une personne à l'autre).
Celles qui seront retenues pour le show sont préparées à l'avance, c'est-à-dire que l'hypnotiseur va leur faire "apprendre" des réflexes à avoir quand il leur touchera l'épaule, quand il leur dira un mot particulier... il va les conditionner pour que tout se passe de manière fluide et facile le jour J.

Nous avons donc un cocktail parfait pour que l'expérience se déroule bien le jour-même : la personne choisie est exubérante, elle aime "faire le show" + elle a été conditionnée, certainement au cours de plusieurs séances + elle attend avec impatience ce jour-là, l'excitation monte petit à petit, il y a de l’anticipation, elle a envie. 
Du coup ce n'est pas vraiment totalement du chiqué, mais... ce n'est pas de la magie ou un talent dingue, c'est "juste" une technique bien rodée.



Pour la petite anecdote, j'ai eu envie d'écrire cet article après avoir assisté à un petit atelier d'information sur le sujet. L'hypnothérapeute nous a fait réaliser de exercices pour nous montrer comment fonctionne l'hypnose, et qu'il pouvait l'appliquer à nous par exemple. Sauf que derrière chaque exercice, j'ai décelé la technique utilisée, je n'ai donc pas du tout subi son influence. Mais les autres personnes ont parfaitement était convaincues que cela fonctionnait, et donc ont développé de la confiance et de la réactivité à ce que l'hypnotiseur disait, l'exercice a donc parfaitement fonctionné sur elles (c'est-à-dire 9 personnes sur 10), et il y a fort à parier qu'en thérapie, elles seraient très réceptives puisque convaincues que ça fonctionne.
Par contre la technique utilisée avec ma psychologue (relaxation profonde et métaphores) semble bien fonctionne chez moi, alors que d'autres personnes n'y seraient peut-être pas sensibles.



J'espère que vous aurez trouvé cet article intéressant et que vous avez appris des choses, que j'ai pu éclairer certains points sur le sujet de l'hypnose 😊.



Précision :
Messmer = l'hypnotiseur qui fait des spectacles et des shows sur TF1, nom de scène inspiré de "Mesmer", le créateur de la théorie du magnétisme animal (débuts supposés de l'hypnose).

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20.1.19

"Tout le monde n'a pas eu la chance de rater ses études"

Cela faisait un bon moment que je voulais lire ce fameux livre au titre tellement parlant. Je ne sais pas vous, mais moi, je me suis souvent dit ce genre de choses. Je fais partie des zèbres qui n'ont jamais rencontré de difficultés à l'école. Mais bien sûr, j'ai traîné mon lot de manque de confiance en moi, au point où je n'ai jamais osé me lancer dans les études qui me passionnaient vraiment.

Il faut dire que mes parents avaient toujours peur de tout, et qu'ils m'ont poussée dans une direction sécuritaire. Avec le recul, je pense que j'ai traduit ça par un manque de confiance en moi (de leur part). Les premières vocations qui sont apparues en moi étaient très orientées créativité et/ou artistique, et leur message a toujours été "Mais il n'y a pas beaucoup de débouchés, pas beaucoup de gens qui réussissent". Dans ma tête, j'ai toujours traduit ça par "Mais tu n'as pas ce qu'il faut pour te battre, te démarquer et faire partie de ceux qui réussissent".

Alors j'ai fait des études faciles (pour moi, car toutes les matières m'étaient relativement instinctives et faciles à assimiler), et oui, pendant 10 ans sans interruption, j'ai eu du boulot. Jusqu'au jour où j'ai commencé à angoisser. D'aller travailler alors que ce boulot m'ennuie à mourir, de finir ma vie triste et aigrie, de tuer mes rêves. J'ai réalisé qu'on ne vivait qu'une fois et que le boulot ne devait pas être une tâche fastidieuse, qu'on pouvait travailler ou même simplement gagner sa vie autrement. Malheureusement, un peu tard, puisque j'étais à l'aube de mes 30 ans. Mais l'ayant enfin réalisé, j'ai commencé à amorcer le changement vers un mode de vie qui me correspond, quoi qu'en pensent les autres. Pour ceux qui sont intéressés, je relate mon expérience et mon cheminement mois par mois sur mon autre blog, ici.

Le livre "Tout le monde n'a pas eu la chance de rater ses études"


Bref, c'est dans ce cadre que je me suis lancée dans la lecture du livre "Tout le monde n'a pas eu la chance de rater ses études". Je me dis régulièrement que si j'avais raté mes études, j'aurais pu fabriquer mon métier, me former autrement, trouver mon mode de fonctionnement plus tôt. Ou pas, je ne le saurai jamais.

Derrière ce titre se cache l'expérience d'Oliver Roland, un "self-made man" qui a arrêté l'école à 18 ans pour monter une première société, puis un autre, etc., jusqu'à vivre aujourd'hui confortablement en travaillant à son rythme et dans ce qui lui plaît. Un homme qui a passé sa vie a expérimenter, apprendre, s'adapter, mais toujours en respectant ses aspirations. Dans son ouvrage, il s'adresse aux "rebelles intelligents" pour leur permettre de développer leur potentiel en dehors des schémas habituels.

Dans ce livre, il donne des clés pour créer son business soi-même. Ce n'est pas vraiment un livre de développement personnel, mais plutôt une suite de conseils et pistes pour créer son métier et vivre en dehors du système du salariat. 

Le livre est en fait une compilation de toute ce qu'il a appris pendant ses années d'expérimentation et de construction, et de tout ce qu'il a pu lire ailleurs (il faut bien insister sur ce point...) avec un peu d'expériences personnelles. C'est un recueil qui permet d'éviter de faire des recherches par soi-même, mais finalement ce n'est rien de plus. J'ai passé des chapitres entiers qui ne m'intéressaient pas du tout (plusieurs pages sur "Comment apprendre les langues étrangères" par exemple...). La seule partie qui m'a vraiment intéressée était la partie finale sur le tunnel de vente sur le web, mais ce sont également des informations que j'aurais retrouvées sur le net en faisant quelques recherches ou en suivant un petit cours.




Finalement, c'est pour qui ?


Les "rebelles intelligents", comme il les appelle, qui ont du potentiel, mais ne savent absolument pas quoi faire de leur vie et ne se retrouvent pas dans le système du salariat.
Et ceux qui ont un début timide de projet et besoin de motivation et d'inspiration pour mettre les choses au clair.
Il n'est pas pour les personnes très curieuses qui font beaucoup de recherches par eux-mêmes et ont déjà lu beaucoup d'ouvrages, mais plutôt pour les personnes qui veulent se simplifier la tâche et recevoir une information rassemblée en un seul endroit, facile à consulter, sans faire de recherches par elles-mêmes et sans livre plusieurs ouvrages.




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